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Retour sur le Gâteau-Mollet Ardennais

par Sophy Gordien

En février dernier, nous avions à peine effleuré l'histoire du gâteau mollet ardennais en nous appuyant sur le travail de Lise Bésème-Pia que l'on ne présente plus !

Aujourd'hui, nous revenons sur ce sujet avec un peu plus de matière et remercions chaleureusement Monsieur Jean Clerc et Monsieur Jacques Lambert de nous avoir renseignés et guidés dans nos recherches.

Sincères remerciements également à la Médiathèque Voyelles à Charleville-Mézières de l'excellent accueil qui nous a été réservé.


Un peu d'histoire…


Le gâteau mollet, symbole de la gastronomie Ardennaise, est un gâteau à pâte levée comme le sont le kouglof, le gâteau chaudron, le gâteau battu, etc. Il se caractérise par sa richesse en beurre, sa croûte dorée et sa pâte très alvéolée, spongieuse, plus aérée et moelleuse que la brioche traditionnelle.

La qualité des matières premières utilisées en faisait le plus souvent des produits d’exception rendant ce dessert emblématique quasi absent des villes et impossible à réaliser en milieu pauvre. Seul le milieu agricole y accédait grâce aux fermes qui fournissaient le beurre et les œufs, notamment dans le Rethelois et le Vouzinois.

Du fait de la rareté des ingrédients, le gâteau mollet était réservé pour les fêtes de villages et grandes occasions familiales (baptême, communion, mariage, etc). L'abondance alors de beurre et d'œufs de ce gâteau contrastaient avec les saisons difficiles.


Dernière trouvaille dans une brocante sur le web



Mais ce dessert a une caractéristique supplémentaire et de taille : n'est vrai gâteau mollet que lorsqu'il est cuit dans un... vrai moule à gâteau mollet !

Dans les foyers modestes, il se trouvait des moules en tôle tout comme chez les boulangers qui se devaient d'en posséder plusieurs afin de pouvoir répondre à la demande lors des jours festifs.

Notons qu'avant l'arrivée desdits moules, les cuisinières versaient la pâte dans une casserole et la portaient au four, d’où le nom de « gâteau à la casserole ».

Dans les maisons bourgeoises, c'était plutôt des moules en cuivre rouge, fabriqués dans des dinanderies ; moules que l'on ne rencontre presque plus de nos jours suite aux nombreux pillages commis par les Allemands durant les multiples occupations de notre département.

Et puis, à partir de 1870, l'on fit le gâteau mollet dans des moules en terre que les Alsaciens avaient importés dans les Ardennes lors de leur exil.


Photo de Clio sur http://clio-se-balade.eklablog



Il est difficile de déterminer avec exactitude l'origine du gâteau mollet et encore moins de le dater précisément : pour certains, le gâteau mollet serait arrivé dans les Ardennes seulement vers 1870 sous la forme d’une sorte de kouglof. Un boulanger Alsacien (Wéry ?) installé à Sedan aurait apporté et fixé la recette à peu près telle que nous la réalisons aujourd’hui.

Pour d'autres, le gâteau mollet serait issu du gâteau battu, un gâteau originaire de la Somme (Picardie) et qui, dès la moitié du 17e siècle, était également nommé « pain aux œufs » ou « gasteau mollet » par les flamands.

Dans « Le livre de pâtisserie » de Jules Gouffé datant de 1873, il est question du kouglof viennois dont la recette a autant de beurre que de farine. Seul le nombre d’œufs est plus important. Une recette quasi similaire à celle du gâteau battu réalisée par Francis Fréville, artisan-boulanger agréé par la Confrérie du Gâteau Battu.

Est-il plausible alors que le Battu de la Somme dit « gasteau mollet » ait rencontré un jour un moule à kouglof Alsacien sur les terres Ardennaises et que quelques ajustements aient donné naissance au gâteau mollet ardennais de nos jours ?

Le gâteau mollet et loin de nous avoir livré toute son histoire ; il nous faudra poursuivre nos recherches et mettre à jour notre dossier sur ce sujet. Retrouvons-nous sur le forum pour en discuter !


Source : www.ardennes-toujours.fr

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