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Les fresques murales du poète Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières

Les fresques du parcours Rimbaud


Depuis 2004, il existe à Charleville-Mézières un parcours Rimbaud qui permet de découvrir la ville tout en suivant les pas du poète. Ce parcours va du Musée Rimbaud à sa maison natale, en passant par le collège où il étudia, le square de la gare, le cours Briand, la Maison des Ailleurs et se prolonge jusqu'au cimetière où il est inhumé.

Ce parcours est régulièrement enrichi. En 2011, ce sont les chaises-poèmes de Michel Goulet qui se sont installées face à la Maison des Ailleurs. Puis en 2017, c'est le bronze en forme de cœur représentant Rimbaud de Michel Gillet qui est ré-installé dans le square de la gare après des travaux, il se situe proche du troisième buste de Rimbaud signé Dumont, installé lui le 20 octobre 1954 dans le cadre du centenaire de la naissance du poète.

Après ce premier parcours proposé aux visiteurs concernant la vie du poète, Boris Ravignon, Maire de la Ville, a souhaité qu'un second parcours soit réalisé, sur son œuvre cette fois. Dès 2015, les premières fresques murales en référence à l'œuvre de Rimbaud apparaissent dans les rues. Elles s'adressent à tous, rimbaldiens ou non-spécialistes.

Carte postale réalisée par la ville de Charleville-Mézières
Carte postale réalisée par la ville de Charleville-Mézières



En 2018, André Marquet, maire adjoint chargé des affaires culturelles : « Ces fresques, ce parcours va permettre aussi aux carolomacériens, aux passants, aux touristes de découvrir aussi les divers quartiers de notre ville. Nous allons en même temps demander maintenant aux carolomacériens de nous proposer des endroits qui pourraient accueillir d'autres fresques ».



Le parcours Rimbaud



2015. Voyelles : Médiathèque Voyelles (visible par la rue de l'Église)


La première grande fresque date de 2015. Elle est réalisée sur un mur de la médiathèque Voyelles par les services municipaux de la ville de Charleville-Mézières. On la découvre en descendant la rue de l'Église.
Le dessin est une reprise d'une caricature de Rimbaud par Manuel Luque intitulée Rimbaud et ses voyelles. La caricature paraît en couverture de la revue littéraire et satirique Les Hommes d'Aujourd'hui de janvier 1888 dans lequel Paul Verlaine dresse un remarquable portrait physique de Rimbaud. Quant au poème, il s'agit du manuscrit autographe de Rimbaud : Voyelles.

La Une du magazine Les Hommes d'Aujourd'hui de janvier 1888
La Une du magazine Les Hommes d'Aujourd'hui de janvier 1888



Le poème Voyelles est un sonnet en alexandrins écrit en 1871 par Arthur Rimbaud. Le manuscrit est conservé au Musée Rimbaud de Charleville-Mézières. Un second manuscrit recopié par Paul Verlaine à l'automne 1871 est quant à lui, conservé à la Bibliothèque Nationale de France. C'est celui que Verlaine fera publier pour la première fois en 1883 dans la revue Lutèce.

Fresque Voyelles
Fresque Voyelles. Photo Ardennes, toujours…



Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

Ô, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -



2017. Ophélie : rue Michelet


Une seconde fresque a été réalisée en juillet 2017. Elle concerne le poème Ophélie écrit en 1870. Ce poème fait partie d'un ensemble de 22 poèmes intitulé Cahier de Douai ou Recueil de Douai écrit par Arthur Rimbaud entre mars et octobre 1870 (Arthur a alors 16 ans). Rimbaud séjourna une quinzaine de jour à Douai auprès de son ami Georges Izambard lors d'une première fugue, il est hébergé chez les tantes de ce dernier, les demoiselles Gindre. En octobre, il y fait un second séjour.

Ce manuscrit, en fait deux cahiers, est déposé par Rimbaud lui-même chez le poète et éditeur douaisien Paul Demeny et ami d'Izambard dans l'espoir d'être édité. Il écrira plus tard : « Brûlez, je le veux, et je crois que vous respecterez ma volonté comme celle d'un mort, brûlez tous les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de mon séjour à Douai ». Demeny n'en fit rien. Cinq poèmes de Rimbaud ne sont connus que par ces feuillets.

Voici la composition du recueil :
    Premier cahier
  1. Première soirée, cette pièce est une version de Trois baisers, précédemment éditée
  2. Sensation
  3. Le Forgeron
  4. Soleil et chair
  5. Ophélie
  6. Bal des pendus
  7. Le Châtiment de Tartufe
  8. Vénus anadyomène
  9. Les Réparties de Nina
  10. À la musique
  11. Les Effarés
  12. Roman
  13. « Morts de Quatre-vingt-douze »
  14. Le Mal
  15. Rages de Césars

    Deuxième Cahier
  1. Rêvé pour l'hiver
  2. Le Dormeur du val
  3. Au Cabaret-Vert, cinq heures du soir
  4. La Maline
  5. L'Éclatante Victoire de Sarrebrück
  6. Le Buffet
  7. Ma Bohème



Ophélie : c'est le 24 mai 1870 que Rimbaud, pour qui la poésie est un objet de recherche et d'expérimentation, écrit au chef de file du Parnasse, Théodore de Banville. Dans cette lettre, il transmet son désir de « devenir Parnassien ou rien » et se faire publier. Pour cela, il joint trois poèmes : Ophélie, Sensation et Credo in unam. Banville lui répond, mais aucun de ces poèmes ne paraîtra dans la revue.

Dans ce poème, Arthur reprend le thème shakespearien de la belle noyée qui a sombré dans la folie et le désespoir. Il brosse aussi le tableau d'une nature telle, qu'elle s'en trouve sacralisée et éternelle.

L'artiste Medhi AMGHARD en plein travail
L'artiste Medhi AMGHARD en plein travail. Photo Daniel Samulczyk



Cette magnifique fresque est l'œuvre de Medhi Amghar alias Dizat du collectif carolomacérien Creative Color. Elle faillit ne pas voir le jour, l'Architecte des Bâtiments de France ayant donné un avis défavorable. Réponse de Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières : « On a eu et je le regrette vraiment un désaccord de dernière minute parce qu'on avait bien travaillé et longtemps travaillé avec l'Architecte des Bâtiments de France sur la préparation de cette fresque. Il y a un désaccord et malheureusement l'artiste étant particulièrement demandé, soit la fresque se réalisait maintenant, soit il y avait un très sérieux risque qu'elle soit reportée et qu'elle ne se fasse jamais.
Moi, j'ai assumé cette responsabilité, je crois qu'il faut que ce projet s'engage et on a cherché jusqu'à la dernière minute à trouver les meilleures conditions de réalisation conformes aux demandes de l'Architecte des Bâtiments de France, cette fresque va se réaliser, c'est en cours.
 »

À propos des fresques à venir, Boris Ravignon ajoute que l'Architecte des Bâtiments de France et la ville de Charleville-Mézières travailleront ensemble en comité artistique, dans lequel services de l'État et service de la culture seront présents et associés de manière à éviter toutes les difficultés de dernière minute, de traiter en amont les demandes pour les rendre compatibles avec les projets que les artistes proposent.

Fresque Ophélie
Fresque Ophélie. Photo Ardennes, toujours…



Ophélie

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits,
Que ton cœur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.




2018. Appel à projet


Pour l'année 2018, la ville de Charleville-Mézières lance un appel à projet pour de nouvelles œuvres en lien avec les textes d'Arthur Rimbaud. La priorité est de donner une part importante au texte tout en présentant une œuvre artistique originale. Ainsi, le poème mis en valeur est laissé au choix de l'artiste avec pour seule obligation d'intégrer le nom d'Arthur Rimbaud et du poème représenté, sa date d'écriture et le cas échéant, le recueil dont il est issu.

Entête du dossier Appel à projet
Entête du dossier Appel à projet



Les artistes peuvent proposer plusieurs projets, néanmoins, une seule œuvre par artiste ne pourra être choisie. Il y a lieu de tenir compte également des spécificités des murs et des contraintes architecturales. La municipalité impose la peinture murale, la technique de peinture est toutefois laissée au choix de l'artiste (aérosol, peinture, etc).

Pour chaque mur proposé, la municipalité a obtenu l'accord du propriétaire, s'assurant la mise à disposition de l'espace pour une durée de 10 ans.


Avenue Charles Boutet (juste avant le cimetière où repose Arthur Rimbaud)
Le Dormeur du val : Cette fresque est l'œuvre de l'artiste nancéen Dorian Jaillon alias Rodes.

Sans doute le plus connu des poèmes de Rimbaud c'est le second poème du second Cahier de Douai et daté d'octobre 1870. Il est sans aucun doute inspiré par les ravages de la guerre franco-prussienne de 1870 (Rimbaud avait 16 ans). Il est probable que le jeune Arthur ait croisé le chemin de ce jeune soldat lors d'une de ses innombrables marches dans la campagne ardennaise. Le manuscrit est conservé aujourd’hui à la British Library de Londres.

Dorian JAILLON, alias RODES en plein travail
Dorian Jaillon alias Rodes en plein travail. Photo du web



Lucille Pennel, directrice du Musée Rimbaud présente l'œuvre de Rodes au micro de Manon Lo-voï de la radio RVM : « Il n'y aura pas de représentation humaine, ce ne sera pas figuratif, c'est vraiment un travail sur la typographie et donc, c'est une mise en valeur du texte et vraiment des mots de Rimbaud par un travail sur la typographie ».

Dorian Jaillon, à propos des principales difficultés rencontrées au niveau graphique : « Au niveau graphique, même si le mur est assez gros, au final ma plus grosse complexité, c'est le fait que ce soit assez petit parce que la bombe, ça permet de travailler des éléments assez gros, et là, même si la façade est grande, encore une fois au final les typos sont assez petites et du coup c'est pas forcement l'outil avec lequel ce serait le plus évident la bombe de peinture ».

Fresque Le Dormeur du val
Fresque Le Dormeur du val. Photo Ardennes, toujours…



Le Dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.



13 rue de Gonzague
Ma Bohême : C'est l'artiste carolo Antoine Maquet alias Smak3 (membre du collectif Creative Color et Moulin Crew) qui la réalise. Ce sonnet clôt le recueil des Cahiers de Douai. Il ébauche le théme de l'homme aux semelles de vent, du poète vagabon, le voyage, la révolte, la pauvreté, l'enfance, la nature. L'adolescent se met en scène et il ne fait aucun doute que ce poème est une œuvre autobiographique. S'il utilise la forme traditionnelle du sonnet, c'est pour mieux la moderniser en s'affranchissant de ses limites et de ses règles, surtout au niveau du rythme et de la rime.

Antoine Maquet alias Smak3
Antoine Maquet alias Smak3. Photo du web



Pour cette fresque, nous retrouvons les deux premières strophes du poème et notre ami voyageur. Antoine : « J'ai eu liberté quasi sur tout, à part sur les couleurs et sur le texte qui était une obligation. L'obligation était d'avoir un texte ou des strophes d'un poème de Rimbaud. Alors comme j'étais dans la première session, on a pu choisir le poème qu'on désirait, moi j'ai choisi celui-là, parce qu'il était plutôt bien et qu'il était plus facile à illustrer par rapport à d'autres, donc j'ai choisi Ma Bohème, je trouvais que c'était plutôt sympa. Puis pour l’illustration, j'ai fait une photo et puis je suis parti sur cette photo qui représente Rimbaud qui est sur un chemin, allongé en train de contempler les étoiles, ce qui est en raccord avec le poème. »

Fresque Ma Bohême
Fresque Ma Bohême. Photo Ardennes, toujours…


Ma Bohême

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal :
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !



Rue Ledru-Rolin sur un mur d'immeuble d'Habitat 08
Le Bateau ivre : Ce poème n'est connu que par une copie de la main de Paul Verlaine et conservé à la Bibliothèque Nationale de France. Il est écrit en été 1871 et sa première publication date du 2 novembre 1883 dans la revue Lutèce.

L’histoire de ce poème est assez mystérieuse, Rimbaud dit l'avoir écrit pour épater Paris, ce qui fut un vrai succès lors d’un des dîners des vilains bonhommes : les parnassiens que Rimbaud voulait rejoindre. Le poème apparaît comme la transposition allégorique du programme définit par Rimbaud dans Les Lettres du voyant envoyé à Paul Demeny du 15 mai 1871 : « Le poète se fait voyant par un long dérèglement de tous ses sens ».

Olivier KENNEYBREW alias POLAR au travail
Olivier Kenneybrew alias Polar au travail. Photo du web.




Cette fresque est l'œuvre du montpelliérain Olivier Kenneybrew alias Polar : « Le titre du poème, c'est Le Bateau ivre et donc moi j'ai illustré plus ou moins quelques vers du poème et je viens par-dessus mon illustration écrire les deux premières strophes du poème. J'ai appris du coup grâce à cet appel à projet, j'ai lu beaucoup de textes de Rimbaud, j'ai lu sa vie et puis voilà. Donc maintenant, maintenant je pense connaître Rimbaud. »

Fresque Le Bateau ivre
Fresque Le Bateau ivre. Photo Ardennes, toujours…



Le Bateau ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées
Moi l'autre hiver plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'œil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eau au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés de punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux…

Presque île, balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur,

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ? -

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.



Angle rues du Theux et du Ban de Mézières
Les Ponts est un poème en prose appartenant au recueil Les Illuminations composé par Rimbaud entre 1872 et 1875.
Dans ce poème, Rimbaud invite le lecteur à une succession de spectacles de différentes époques où le monde réel se trouve magnifié. Mais ce spectacle, cette comédie ne sont qu'illusion. Le rideau de lumière tombe et met fin à l'extase.

Alice WASSON et Sophie CANILLAC au travail
Alice Wasson et Sophie Canillac au travail. Photo du web



C'est le collectif Nomansland, en l'occurence Alice Wasson et Sophie Canillac, peintres en décor du patrimoine, qui réalisent cette fresque aux croisement des rues du Theux et du Ban de Mézières. Le propriétaire de la maison a même proposé d'étendre la peinture sur une autre façade.
Les deux artistes ont décidé d'écrire le poème en entier : « Tout le poème, insiste Sophie Canillac, car on a choisi un poème en prose… et la prose, ça ne se coupe pas ».

Fresque Les Ponts
Fresque Les Ponts. Photo Ardennes, toujours…



Les Ponts

Des ciels gris de cristal. Un bizarre dessin de ponts, ceux-ci droits, ceux-là bombés, d'autres descendant ou obliquant en angles sur les premiers, et ces figures se renouvelant dans les autres circuits éclairés du canal, mais tous tellement longs et légers que les rives, chargées de dômes, s'abaissent et s'amoindrissent. Quelques-uns de ces ponts sont encore chargés de masures. D'autres soutiennent des mâts, des signaux, de frêles parapets. Des accords mineurs se croisent et filent, des cordes montent des berges. On distingue une veste rouge, peut-être d'autres costumes et des instruments de musique. Sont-ce des airs populaires, des bouts de concerts seigneuriaux, des restants d'hymnes publics ? L'eau est grise et bleue, large comme un bras de mer. - Un rayon blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie.


Ainsi se termine l'année 2018 pour la réalisation de fresques sur le parcours Rimbaud. Nous attendons 2019 avec impatience pour que se réalisent encore de très belles œuvres.


Quelques projets non retenus trouvés sur le web :

Dorian JAILLON alias RODES, Rue DAUX
Dorian Jaillon alias Rodes Rue Daux avec l'angle du Cours Briand, Ma Bohème



Dorian JAILLON alias RODES, Rue Michelet
Dorian Jaillon alias Rodes Bas de la rue Michelet, Le Dormeur du val



À noter qu'en 2017, Dorian Jaillon alias Rodes avait déjà travaillé sur le Dormeur du val de Rimbaud en réalisant ce sketch (esquisse).

Dorian JAILLON alias RODES, esquisse Le Dormeur du val
Dorian Jaillon alias Rodes Esquisse, Le Dormeur du val



Sophie Canillac : 52 rue du Theux, Les Ponts. Dans ce projet, le texte est sur toute la surface du mur ; dans le projet retenu, le texte et « groupé » sur le bas.

Sophie CANILLAC, Les Ponts
Sophie Canillac, Les Ponts




Sophie Canillac : 16 rue Ledru-Rolin, Les Corbeaux

Sophie CANILLAC, Les Corbeaux
Sophie Canillac, Les Corbeaux




2019. Appel à projet


L’appel à projet 2019 concerne la réalisation de cinq nouvelles œuvres en
lien avec les textes d’Arthur Rimbaud. Elles doivent donner une part prépondérante au texte de Rimbaud tout en présentant une création artistique originale.

« On a prêté une attention principalement à la manière de s'approprier le texte. On s'est rendu compte que pour des street-artistes, c'était la principale difficulté en fait. Se confronter aux textes de Rimbaud, c'est pas rien. Donc, aller choisir un poème, réfléchir à ce qu'il veut dire, réfléchir à qu'est-ce qu'on va en faire ? Visuellement, comment on va le traduire ? Pas juste avoir une illustration figurative, mais proposer quelque chose de personnel. Voilà finalement, des projets d'une très grande qualité, où on voyait quelque chose d'original et de personnel se dégager tout seul. » explique dans une interview Claire Lignereux, animatrice du patrimoine à Charleville-Mézières.

Logo du parcours Rimbaud
Logo du parcours Rimbaud. © Ville de Charleville-Mézières



Deux autres fresques seront réalisées, en dehors du cadre de l’appel à projets 2019.
La première étant une œuvre prévue pour 2018 qui n'avait pas pu être réalisée et prendra place sur un mur du lycée Bazin.
La deuxième sera issue d’un projet artistique du collège Scamaroni, à Manchester, dont les élèves vont travailler avec le collectif Créative Color. (Cette fresque, Aube est réalisée en 2020).
« Ce projet artistique va concerner le mur d’une habitation appartenant au bailleur social Habitat 08, rue de Warcq. Créative Color assurera aussi un atelier de médiation culturelle au collège. » explique André Marquet, adjoint à la culture à Charleville-Mézières.


Rue de Tivoli, angle cours Briand
Enfance est un poème en prose appartenant au recueil Les Illuminations composé par Rimbaud entre 1872 et 1875. Il regroupe sous ce titre cinq petits poèmes, parfois appelés : suite.
Ce recueil fut admiré par les surréalistes. En effet, Rimbaud bouleverse le genre de la poésie en se faisant voyant et en libérant le langage de la contrainte du sens précis.
Il y a dans ce poème une rupture avec les traditions : pas de vers, pas de rimes, seuls quelques sonorités et rythmes subsistent.

Fresque en cours de réalisation
Fresque en cours de réalisation. Photo Ardennes, toujours…


Ce sont Pierre Mathieu et Maxime Vey venus de Lyon qui réalisent cette fresque. Les street-artistes ont répondu à l'appel à projet lancé par la ville de Charleville-Mézières. Celui de Pierre ayant été retenu, il a invité son ami à venir l'aider, les deux comparses travaillant très souvent ensembles.

Pierre, artiste-peintre, nous parle de son œuvre : « L'idée, c'était de reprendre un poème en prose pour sortir peut-être un petit peu du lot de ce qui avait déjà été fait. L'idée, c'était vraiment d'intégrer le texte dans l'image. Alors vous pouvez voir une petite fille en train de créer des petites instances d'imagination qui sont symbolisées par trois couleurs qui sont un saumon, un orange clair et un bleu canard, et en fait ces trois couleurs là vont venir agrémenter le dessin.
(...) Là on sent vraiment qu'il est parti dans le surréalisme, c'est vrai que le courant pictural surréaliste, j'adore et ça me permettait justement de faire un lien avec le courant surréaliste qu'il a essayé d'intégrer à la poésie.
 »

Fresque Enfance
Fresque Enfance. Photo Ardennes, toujours…



Enfance I

Cette idole, yeux noirs et crin jaune, sans parents ni cour, plus noble que la fable, mexicaine et flamande ; son domaine, azur et verdure insolents, court sur des plages nommées, par des vagues sans vaisseaux, de noms férocement grecs, slaves, celtiques.
À la lisière de la forêt — les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent, — la fille à lèvre d'orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés, nudité qu'ombrent, traversent et habillent les arcs-en-ciel, la flore, la mer.
Dames qui tournoient sur les terrasses voisines de la mer ; enfantes et géantes, superbes noires dans la mousse vert-de-gris, bijoux debout sur le sol gras des bosquets et des jardinets dégelés — jeunes mères et grandes sœurs aux regards pleins de pèlerinages, sultanes, princesses de démarche et de costume tyranniques, petites étrangères et personnes doucement malheureuses.
Quel ennui, l'heure du "cher corps" et "cher cœur".



Rue Louis Fraison
Pas moins de quatre fresques prennent place sur cet ensemble de quatre immeubles côte à côte appartenant à Habitat 08. Elles participent par leur proximité au projet d'aménagement des berges de Meuse (côté anciennes voies ferrées) et seront donc visibles de la Voie Verte.

Sensation : ce poème est le deuxième poème du premier Cahier de Douai et daté d'octobre 1870.
On trouve dans ce poème de Rimbaud son désir de s'évader, de se libérer de toutes contraintes et un appel au bonheur. C'est aussi l'éveil à la sensualité : la Nature, comme il l'écrit, évoque la rencontre amoureuse et une présence féminine.

Fresque en cours de réalisation. Photo Ville de Charleville-Mézières
Fresque en cours de réalisation. Photo Ville de Charleville-Mézières



Damien Auriault, peintre et designer graphique, a choisi de travailler sur le poème Sensation, comme une évidence par rapport à l’emplacement de la fresque murale : « Dans le poème que j'ai choisi, Rimbaud parle de balade de fin de journée. Quand j'ai vu la liste des murs qui étaient proposés pour l'appel à projet de cette année, j'ai vu que ce mur était situé en bord de Meuse et que la ville avait un projet d'aménagement des berges pour en faire une promenade. Donc, je trouvais l'idée assez intéressante de créer un parallèle entre la promenade qu'a expérimentée Rimbaud à l'époque et d'évoquer à mon tour une promenade et le bord de la Meuse via ma peinture ».
Sa fresque se compose d’ondulations bleues, sur lesquelles le texte du poème a été apposé au pochoir. C’est sa toute première œuvre personnelle.

Fresque Sensation. Photo Ardennes, toujours
Fresque Sensation. Photo Ardennes, toujours…



Sensation

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme



Départ : ce poème appartient au recueil Les Illuminations composé par Rimbaud entre 1872 et 1875.
La valeur de ce texte provient du grand contraste entre la richesse d'évocation et la circoncision de la syntaxe en style télégraphique. Le vocabulaire à plusieurs sens nourrit l'imagination du lecteur. Le rythme et les effets sonores donnent à ce poème une impression énergique. On constate que Départ de Rimbaud n'est pas une douce rêverie, mais plutôt un désir d'arrachement au quotidien.

Fresque en cours de réalisation. Photo 2SHY
Fresque en cours de réalisation. Photo 2SHY



Cette fresque est l'œuvre de Olivier Sujkowski alias 2shy, graffeur francilien appartenant au groupe Streetdesigners (collectif regroupant plusieurs artistes graffeurs). Elle est composée de structures géométriques et colorées. Elle est par ailleurs réalisée grâce à la technique de rétroprojection du croquis durant la nuit.

Fresque Départ. Photo Ardennes, toujours
Fresque Départ. Photo Ardennes, toujours…



Départ

Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. - O rumeurs et Visions!
Départ dans l'affection et le bruit neufs!



L'Éternité : ce poème daté de mai 1872 figure au recueil des Vers nouveaux. Arthur Rimbaud le retoucha l'année suivante dans Une Saison en enfer parue en 1873 et introduite par un commentaire.
Dans ce poème, Rimbaud tente de convaincre Verlaine de quitter sa jeune épouse pour lui. Il lui rappelle leurs amours sulfureux. Entre les deux, l'eau et le feu fusionnent. Il parviendra à ses fins.
Dans la seconde version, la mer est mêlée au soleil alors que disparaît l’espérance. Le devoir triomphera des lendemains amoureux.

Fresque en cours de réalisation. Photo Ardennes, toujours
Fresque en cours de réalisation. Photo Ardennes, toujours…



Miguel do Almaral Continho alias Luso, peintre muraliste, parle de son projet : « C'est un poème qui m'a inspiré tout de suite parce que je viens du Havre et au Havre, on peut voir le coucher de soleil sur la mer. C'est ce qui est dit, ce qui est évoqué dans ce poème : la mer allée avec le soleil, qui est mêlée avec le soleil, pour moi ça m'a inspiré un coucher de soleil. Donc, c'est ce que j'ai tenté de représenter dans des sphères, quatre sphères qui représentent aussi les quatre saisons, quatre temps. »

Fresque L'Eternité. Photo Ardennes, toujours
Fresque L'Eternité. Photo Ardennes, toujours…



L'Éternité (version 1872)

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

Âme sentinelle,
Murmurons l’aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s’exhale
Sans qu’on dise : enfin.

Là pas d’espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.



L'Éternité (version de 1873)

Enfin, ô bonheur, ô raison, j'écartai du ciel l'azur, qui est du noir, et je vécus, étincelle d'or de la lumière nature. De joie, je prenais une expression bouffonne et égarée au possible.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer mêlée
Au soleil.

Mon âme éternelle
Observe ton vœu
Malgré la nuit seule
Et le jour en feu.

Donc tu te dégages
Des humains suffrages,
Des communs élans
Tu voles selon…

Jamais l'espérance,
Pas d'orietur.
Science et patience,
Le supplice est sûr.

Plus de lendemain,
Braises de satin,
Votre ardeur
Est le devoir.

Elle est retrouvée !
- Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer mêlée
Au soleil.



Le Cœur Supplicié : ce poème est inclus dans une lettre envoyée par Rimbaud à son ancien professeur, Georges Izambard, le 13 mai 1871 : Lettre dite Lettre du voyant. Deux autres versions avec peu de variantes ont été écrites par Rimbaud : le 10 juin 1871 dans une lettre adressée cette fois à Paul Demeny sous le titre de Le Cœur du pitre. La troisième en octobre 1871 est une copie de la main de Verlaine dont le titre devient Le Cœur volé.
Rimbaud évoque dans ce poème le viol. Il se trouve à la poupe d'un bateau pour vomir. Mais on comprend vite qu'il est abusé par un groupe de soldats alcoolisés. Il sent son cœur souillé et en appelle aux flots purificateurs de la mer.

Fresque en cours de réalisation. Photo du web
Fresque en cours de réalisation. Photo du web



Adrien alias Ardif est un street-artiste français vivant et travaillant à Paris. Sa formation en architecture et son goût pour les machines steampunk (Les Machines de L'Île à Nantes par exemple) se retrouvent au sein de ses œuvres au travers desquelles, il raconte le rapport de l'Homme avec l'innovation et la nature.
Dans cette œuvre, il intègre quatre monuments de la ville de Charleville-Mézières :
  • en haut gauche : La Basilique Notre-Dame de Mézières
  • en haut droite : L'Hôtel de Ville de Mézières
  • en bas droite : Le Vieux Moulin
  • en bas centre et retourné : L'Eglise Saint-Rémi

Fresque Le Coeur Supplicié. Photo Ardennes, toujours...
Fresque Le Cœur Supplicié. Photo Ardennes, toujours…



Le Cœur Supplicié

Mon triste cœur bave à la poupe …
Mon cœur est plein de caporal!
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste cœur bave à la poupe…
Sous les quolibets de la troupe
Qui lance un rire général,
Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur est plein de caporal!

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l’ont dépravé;
À la vesprée, ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques;
Ô flots abracadabrantesques,
Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé!
Ithyphalliques et pioupiesques,
Leurs insultes l’ont dépravé.

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé?
Ce seront des refrains bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques!
J’aurai des sursauts stomachiques
Si mon cœur triste est ravalé!
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé?

Mon triste cœur bave à la poupe …
Mon cœur est plein de caporal!
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste cœur bave à la poupe…
Sous les quolibets de la troupe
Qui lance un rire général,
Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur est plein de caporal!

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l’ont dépravé;
À la vesprée, ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques;
Ô flots abracadabrantesques,
Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé!
Ithyphalliques et pioupiesques,
Leurs insultes l’ont dépravé.

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé?
Ce seront des refrains bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques!
J’aurai des sursauts stomachiques
Si mon cœur triste est ravalé!
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé?

Mon triste cœur bave à la poupe …
Mon cœur est plein de caporal!
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste cœur bave à la poupe…
Sous les quolibets de la troupe
Qui lance un rire général,
Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur est plein de caporal!

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l’ont dépravé;
À la vesprée, ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques;
Ô flots abracadabrantesques,
Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé!
Ithyphalliques et pioupiesques,
Leurs insultes l’ont dépravé.

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé?
Ce seront des refrains bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques!
J’aurai des sursauts stomachiques
Si mon cœur triste est ravalé!
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé?



2020. Appel à projet


L'appel à projet 2020 concerne principalement le quartier de Mézières : « Un secteur géographique de prédilection, à savoir Mézières où il n'y a pas encore de fresques » explique Lucille Pennel, directrice du Musée Arthur Rimbaud de Charleville-Mézières et de poursuivre : « Les critères sont les suivants : Chaque proposition doit constituer une œuvre originale et inédite. L’œuvre réalisée ne doit pas prendre le pas sur le texte mais au contraire le mettre en valeur. Le texte doit faire partie intégrante de la composition et non être plaqué sur une image. »

Ancienne borne du parcours Rimbaud, médiathèque Voyelles Photo Ardennes, toujours
Ancienne borne du parcours Rimbaud, médiathèque Voyelles. Photo Ardennes, toujours…


Cinq nouvelles œuvres devraient voir le jour sur les murs pré-sélectionnés : rue de Lorraine, rue Hachette, rue des champs, arrière du lycée Monge (poème imposé : le cabaret vert) et square Albert premier.


47 rue de Warcq (Quartier de Manchester inscrite au programme 2019)
Aube est un poème en prose inclus dans le recueil Les Illuminations, écrit de 1873 à 1875 parmi les voyages d'Arthur Rimbaud tant en Belgique qu'en Angleterre et dans toute l'Allemagne.
Ce poème montre la progression de la lumière : la nuit, puis la nature qui se réveille tout au long de cette matinée en même temps que le soleil s'élève dans le ciel. Le poète court après une femme qu'il ne parvient pas complètement à atteindre : c'est comme une chasse sur les traces de la déesse. Mais au moment où il pense l'attraper, c'est l'évanouissement.
Le poète rêve et se retrouve hors du temps et de l'espace, image qui peut être comprise comme une métaphore de la création poétique.

Dessin support pour la réalisation de la fresque. Collection Ardennes, toujours...
Dessin support pour la réalisation de la fresque. Collection Ardennes, toujours…



Cette fresque est issue d’un projet artistique lancé en 2019 au collège Scamaroni, à Manchester. Les élèves ont travaillé avec les artistes du collectif ardennais Creative Color, Mehdi Amghar (alias Dizat) et Antoine Maquet (alias Smak3).
Antoine Maquet : « En fait on a travaillé avec un groupe scolaire parce que c'était vraiment une demande particulière, c'était pas une vrai demande du parcours Rimbaud, c'était une demande de la mairie de travailler avec des enfants de collège Scamaroni. Donc on a fait déjà un travail en amont avec eux de recherche graphique, pour voir avec eux ce qu'on pouvait faire au niveau de l'illustration et ensuite, ils ont analysé le poème. Il en est ressorti d'illustrer une déesse parce que c'est la thématique primaire de la fresque » .
Elle est réalisée sur le mur d’une habitation appartenant au bailleur social Habitat 08.

Fresque Aube. Photo Ardennes, toujours...
Fresque Aube. Photo Ardennes, toujours…



Aube

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins: à la cime argentée, je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. À la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.



43 rue des Champs
Tête de faune : ce poème est daté par les spécialistes entre fin 1871 et début 1872, c'est-à-dire en fin de période parnassienne. Il a été publié pour la première fois dans le recueil Poésies en 1891.
Ce poème composé en décasyllabes est une concession faite à Paul Verlaine.
Arthur Rimbaud fait appel aux fleurs et aux références mythologiques. ll fait resurgir pour quelques instants dans notre imaginaire, la mythologie romaine des divinités champêtres de faunes.
Le temps y est scénarisé : le premier quatrain instaure un effet d’attente en se contentant de peindre le décor, la deuxième strophe correspond à un instant fulgurant et enfin, dans la troisième strophe, le faune déjà parti, le poète décrit ce qu’il reste.

Fresque en cours de réalisation
Fresque en cours de réalisation. Photo Bernard LARUE


Cette fresque est réalisée par Russ, artiste peintre originaire d’Avignon spécialisé dans les fresques murale : « J'ai juste repris des éléments de la forêt. J'ai repris des feuillages, des feuilles de chêne, il y a un petit gland aussi, enfin vraiment, j'ai voulu évoquer la forêt et après le faune aussi dans la dimension mythologique, donc il y aura ce faune avec les cornes. Il y a des grappes de raisin et puis des formes après plus organiques végétales qui ne sont pas forcément précises on va dire, justement pour laisser un peu de place à l'imaginaire de chacun. J'avais un dessin de base très fourni, très chargé, donc c'est un petit challenge d'essayer de le reporter sur le mur en gardant le maximum de détail. »

Fresque Tête de Faune
Fresque Tête de Faune. Photo par l'artiste RUSS


Tête de faune

Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et crevant l'exquise broderie,

Un faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches.
Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux,
Sa lèvre éclate en rires sous les branches.

Et quand il a fui - tel qu'un écureuil -
Son rire tremble encore à chaque feuille,
Et l'on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d'or du Bois, qui se recueille.



4 rue Hachette
Première soirée est premier texte du premier Cahier de Douai que Arthur Rimbaud confia à Paul Demeny lors de son séjour à Douai auprès de son ami Georges Izambard.
C'est aussi le premier poème amoureux écrit par Rimbaud à l'âge de 16 ans. On y découvre un poète maladroit avec les adolescentes de son âge. Le poète est entreprenant, mais c’est la jeune femme qui guide les choses.
On se trouve à la fois dans un libertinage amoureux mais aussi dans l’innocence de la découverte amoureuse.

Fresque en cours de réalisation
Fresque en cours de réalisation. Photo Nawel GRANT Art


C'est l'artiste peintre Nawel Grant qui réalise cette fresque très colorée. Elle parle au micro de Manon Lo-voï de la radio RVM :« J'ai choisi ce poème par rapport au féminin qu'entretient le poète dans ce récit parce que je travaille particulièrement sur la représentation de la femme dans l'espace public, donc ce poème prenait tout son sens pour moi pour être illustré pour une fresque. Dans ma représentation de la femme, j'aime les représenter très grandes et colorées pour qu'elles aient vraiment un impact dans l'espace public. Là, c'est gagné. »
Très sensible à l'environnement, Nawel Grant ajoute : « Je l'ai imaginée en rapport avec l'environnement. On parle en fait d'une scène qui se passe à huis-clos et le lecteur a comme l'impression un peu d'être un voyeur et Rimbaud parle également des arbres indiscrets qui se trouvent devant la fenêtre et qui observe la scène et là, en fait, on est devant un jardin, donc l'idée pour moi, c'était que l'observateur soit le voyeur de la scène dont parle Rimbaud mais également les arbres qui se trouvent dans l'environnement. »

Fresque Première soirée
Fresque Première soirée. Photo Nawel GRANT Art


Première soirée

- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d'aise
Ses petits pieds si fins, si fins.

- Je regardai, couleur de cire,
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, - mouche au rosier.

- Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s'égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.

Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : " Veux-tu finir ! "
- La première audace permise,
Le rire feignait de punir !

- Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
- Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : " Oh ! c'est encor mieux !…

Monsieur, j'ai deux mots à te dire… "
- Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D'un bon rire qui voulait bien…

- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.



5bis Rue de Champagne
Rêvé pour l'hiver appartient à la seconde série des textes (Cahier de Douai) que Arthur Rimbaud confia à Paul Demeny, textes transcrits lors de son deuxième séjour chez les demoiselles Gindre, tantes de Georges Izambard en octobre 1870 à Douai.
La date du 7 octobre 1870 mentionnée en bas du manuscrit est une indication plausible du moment où fut définitivement terminé ce poème.
On observe dans ce sonnet une alternance d'alexandrins et d'hexasylabes.
Ce poème expose une rêverie sentimentale qui fait l'éloge de la sensualité et de l'érotisme. On y découvre une vision des rapports amoureux qui prend l'allure d'un jeu de Colin-Maillard, d'une fête teintée d'érotisme. Le minaudage de la jeune fille ne résiste pas à l'enthousiasme, à l'audace du jeune adolescent.

Fresque en cours de réalisation par les membres de 4FAM
Fresque en cours de réalisation par les membres de 4FAM.
Photo Ville de Charleville-Mézières


La maquette de cette fresque est conçue durant l'année scolaire 2019/2020 en collaboration avec la classe de 6ième A du collège Bayard de Charleville-Mézières et l'artiste lyonnaise de Steet Art Pauline Déas dans le cadre d'un PAG (Projet Artistique Globalisé).
Après avoir travaillé sur plusieurs textes de Rimbaud, c'est le poème Rêvé pour l'hiver qui est retenu par la classe.
Le premier rendez-vous avec l'artiste a lieu en novembre 2019 en visioconférence avant une rencontre en janvier 2020 et de nombreux échanges (la Covid étant passé par-là, la réalisation a pris du retard).
Puis le moment tant attendu : chacun des élèves peint une partie de la fresque miniature qui est assemblée et conservée par le collège. Il ne reste plus aux muralistes qu'à reproduire la fresque "en vrai" cette fois : « C’était une longue aventure débutée l’année dernière par une rencontre entre Pauline et les élèves du collège Bayard de Charleville-Mézières pour dessiner ensemble la maquette et la typographie ! Merci à eux, à leurs professeurs pour leurs idées et leur implication, c’était un projet humainement enrichissant.
Côté technique, on a dû intégrer le spot lumineux présent sur le mur, ce qui a donné du fil à retordre pour la composition, mais on est plutôt fières du résultat !
 » a déclaré le collectif  4FAM (1 volonté, 3 talents Pauline Déas, Maud Royole Degieux et Camille Exposito)

Fresque Rêvé pour l'hiver
Fresque Rêvé pour l'hiver. Photo Ardennes, toujours…


A*** Elle
Rêvé Pour l'hiver

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l'œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...

Et tu me diras: "Cherche!" en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup...

En wagon, le 7 octobre 70



Les fresques hors parcours Rimbaud


Les grapheurs et autres artistes n'ont pas attendu le parcours Rimbaud pour réaliser des fresques dans les rues de Charleville-Mézières. En voici quelques unes glanées ici et là :

Dans le quartier de la Ronde Couture, au 31 de la rue des Pivoines, ce très beau portrait aujourd'hui disparu suite à la restructuration du quartier.

Portrait sur mur de la rue des Pivoines
Portrait sur mur de la rue des Pivoines. Photo du web.



Dans le quartier de La Houillère, cette fresque a été réalisée par trois jeunes gens de La Houillère et de La Culbute : Abdel-Hak, Jimi et Jérôme. Ils ont été accompagnés par un artiste du nom de Cooler (Sébastien Buret) de la compagnie Mo'dreams. La fresque a été entièrement réalisée à la bombe aérosol. Elle entrait dans le cadre du projet cultures européennes mis en place par la ville de Charleville-Mézières et suite à la demande du propriétaire du mur.

Fresque complète La Houillère (la première)
Fresque complète La Houillère (la première). Photo du web.



Sur le même mur, elle est remplacée bien plus tard par une œuvre dont nous ne savons rien actuellement (mais nous comptons sur votre sagacité). On peut voir Rimbaud et le Vieux Moulin devenu Musée Arthur Rimbaud et Charles de Gonzague, fondateur de Charleville et la mairie de Charleville.

Fresque complète La Houillère (la seconde)
Fresque complète La Houillère (la seconde). Photo Ardennes, toujours…



Avenue Boutet, juste un peu au-dessus du cimetière, une fresque réalisée sur le mur d’une copropriété suite à une commande de la société Foncia. Elle est l'œuvre du collectif Créative Color. On y voit une représentation de la rue piétonne de Charleville-Mézières ainsi que du poète Arthur Rimbaud, et le poème Sensation faisant partie des Cahiers de Douai. On y retrouve un adolescent fugueur épris de liberté et de bonheur dans la nature qu'il compare à une femme.

Fresque réalisée par Créative Color avenue Boutet (au-dessus du cimetière)
Fresque réalisée par « Créative Color » avenue Boutet (au-dessus du cimetière). Photo Ardennes, toujours…



Hôtel de Paris, au 24 Avenue Georges Corneau, trois fresques :
À l'accueil, Rimbaud Marionnette avec les poèmes Roman, Au Cabaret Vert et À la Musique.

Accueil. RIMBAUD Marionnette.
Accueil. Rimbaud Marionnette. Photo Ardennes, toujours…



Dans la salle à manger avec des extraits des poèmes Tête de Faune, Le Dormeur du Val, Roman, Le Buffet, Ma Bohême et Le Bateau Ivre.

Dans la salle à manger
Dans la salle à manger. Photo Ardennes, toujours…



Dans la cour intérieure, fresque réalisée par Créative Color avec les poèmes Voyelles et Le Dormeur du Val.

Dans la cour intérieure
Dans la cour intérieur. Photo Ardennes, toujours…



Hôtel Le Dormeur du val, 32 bis rue de la Gravière
La devanture reprend le poème manuscrit d'Arthur Rimbaud : Le Dormeur du val

Photo Ardennes, toujours...
Photo Ardennes, toujours…



Rue Delvincourt, face au Lycée Chanzy, ce sont les élèves de Seconde 3 qui choisissent les textes pour le mur extérieur des tribunes du stade du Petit Bois. En juin 2004, c'est la partie haute du mur qui est réalisée. En 2008, l'artiste breton FANCH couvre le bas du mur : Les Corbeaux, Lys, Cocher ivre, Fête galante, Ma Bohème (1 strophe), L'Étoile a pleuré rose, Le Bateau ivre (1 strophe), Voyelles, Aube (1 vers), L'Angelot maudit, L'Enfant qui ramassa les balles… (extrait), Bruxelles (extrait), Les Mains de Jeanne-Marie, Zanzibar (extrait d'une lettre de Rimbaud à sa sœur le 24 août 1887), Jeune Ménage (2 strophes), Le Balai, Exil.

Le mur complet et les écrits d'Arthur Rimbaud
Le mur complet et les écrits d'Arthur Rimbaud. Photo Muriel Bajot


Un extrait du mur
Un extrait du mur. Photo Muriel Bajot
autres photos de ce mur à cette adresse



12 rue de Condé, sur une porte cochère, ce portrait en toute simplicité d'Arthur Rimbaud

Photo Ardennes, toujours…



Restaurant Le Grillardin, 18 place Ducale, décoration réalisée par le Collectif Créative Color, dont un dessin d'Arthur Rimbaud accompagné du sonnet Le Dormeur du Val.

© Créative Color



Nous finirons cet article par non pas par une fresque, mais par un collage. Le fameux et très célèbre collage de Ernest Pignon-Ernest dans la fin des années 1970.
Le support est du papier journal récupéré dans des chutes de rouleaux non imprimés. Le Rimbaud est réalisé en sérigraphie et en noir sans aucun autre artifice. La pauvreté du papier fait que cette image est éphémère, fragile, un peu comme la période de production de Rimbaud dont tout le monde s'accorde à dire qu'elle durera « L'Éternité »

RIMBAUD dans une rue de Charleville (rue de Mantoue)
Carte postale RIMBAUD dans une rue de Charleville (rue de Mantoue)
Collection Ardennes, toujours... (dédicacée par PIGNON-ERNEST en 1993)



Enfin, si à Charleville-Mézières vous avez connaissance de réalisations murales intérieures ou extérieures sur notre poète Arthur Rimbaud, n'hésitez pas à nous contacter afin d'enrichir notre article.

Sources :
Ville de Charleville-Mézières
Creative Color
Radio RVM
Ardennes-Culture Rimbaud
Bac de français
Charleville-Sedan Tourisme
Le Journal L'Ardennais/L'Union
Le Collège Bayard de Charleville-Mézières

Licence Creative Commons

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